LES MÉDECINS GÉNÉRALISTES VONT ENTRER EN RÉSISTANCE

LES MÉDECINS GÉNÉRALISTES VONT ENTRER EN RÉSISTANCE 

C’est avec une grande délectation que ce gouvernement manie la santé en France.

Tout d’abord, au travers de son projet de loi de santé, il a réussi à rassembler une large majorité de gauche mise à mal par la Loi Macron. Pour la loi de santé, pas besoin de 49-3 ! Car, ne plus payer son médecin généraliste grâce au tiers-payant généralisé est une « vraie mesure de gauche » et ce n’est qu’après 2017, que les Français s’apercevront que la gratuité, annoncée haut et fort par ce gouvernement, aura un coût pour eux. Le désengagement de l’assurance maladie au profit des complémentaires santé, qui n’ont jamais été aussi présentes dans les médias, entraînera une augmentation majeure des tarifs de ces dernières, pour une prestation égale.

Ce projet de loi, que la Ministre annonçait comme une loi de déshospitalisation au profit de l’ambulatoire, s’avère en fait un texte pour asseoir la prééminence de l’hôpital public. Tout d’abord, dans le domaine de l’hospitalisation en mettant à mal les établissements de soins privés, mais aussi pour l’ambulatoire car, en imposant de nouvelles organisations territoriales et en ne donnant aucun moyen aux professionnels de santé libéraux pour s’organiser, c’est l’hôpital qui va sortir de ses murs et « investir » le domicile de nos patients.

Car, en effet, ce projet de loi de santé est couplé à une politique budgétaire qui considère la protection sociale, et donc la santé, comme la variable d’ajustement du déficit budgétaire de l’Etat. Avec la dernière annonce d’un Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) à 1,75% pour 2016 au lieu des 2% prévu, les médecins généralistes, si rien ne vient bouleverser ce paysage cauchemardesque, considèreront vite comme une chimère les perspectives de revalorisation de la médecine générale en 2017 qui devaient découler de la prochaine convention médicale de 2016.

Et pourtant, malgré ce sombre et sinistre tableau, les raisons d’espérer sont là. 

Cet espoir tient à l’ADN des médecins généralistes. Depuis 20 ans, ils ont montré qu’ils étaient toujours sur le front pour défendre la médecine libérale, pour faire exister leur spécialité médicale et pour mener des mouvements tarifaires.

Les priorités des médecins généralistes ont été clairement exprimées lors de la manifestation nationale du 15 mars 2015.

Tout d’abord, lutter contre un projet de loi qui détruit le métier de médecin généraliste en confiant à d’autres professionnels de santé une partie de son activité et contre le tiers payant généralisé qui, entre autres, va augmenter massivement leur travail administratif ; le tout… sans aucune garantie de paiement.

Et, dans l’idéal de la Ministre, un minimum de 7 jours d’avance de trésorerie demandé à l’entreprise libérale qu’est le cabinet de médecin généraliste, un cabinet qui n’a déjà même pas les moyens d’embaucher une secrétaire ! 60% d’entre eux n’ont même pas de secrétariat !

Alors oui, il existe d’autres priorités : obtenir rapidement une revalorisation de la consultation, acte de base du médecin généraliste, et obtenir rapidement une hiérarchisation des consultations pour prendre en compte les consultations complexes, de plus en plus nombreuses, que l’on peut assimiler à des C 2 rémunérées 23€ au lieu de 46€ !

Ce gouvernement a fait des choix qui, non seulement ne permettent de répondre à aucune des priorités des médecins généralistes mais, de plus, met en place l’asphyxie financière de la médecine générale et de la médecine libérale.

Alors, Madame la Ministre, ce sera « NON ! »

Les médecins généralistes vont ENTRER EN RESISTANCE.

Comme en 2002, l’UNOF-CSMF, premier syndicat de médecins généralistes libéraux, appellent les médecins généralistes à entrer en résistance pour défendre leur métier.

Au-delà de la grève administrative et du boycott des Délégués d’Assurance Maladie (DAM) et des médecins conseils qu’il faut impérativement continuer, l’UNOF-CSMF appelle l’ensemble des médecins généralistes à mener le combat au travers de deux actions :

– LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE en refusant d’appliquer le tiers payant généralisé et à prévenir leurs patients par des affiches,
– LE RESPECT DU MÉDECIN ET DE LA QUALITÉ DE LA CONSULTATION MÉDICALE : « AU-DELA D’UN MOTIF DE CONSULTATION, ET EN DEHORS DE TOUTE URGENCE, JE REPRENDS RENDEZ-VOUS ».

Dès le 15 mai 2015, et tant que les médecins généralistes n’auront pas une cotation adaptée aux consultations complexes, les médecins informeront leurs patients que la qualité du travail médical exige du temps et que désormais « AU-DELA D’UN MOTIF DE CONSULTATION, ET EN DEHORS DE TOUTE URGENCE, LE PATIENT REPREND RENDEZ-VOUS ». 

En cas d’exigence particulière du patient, le médecin généraliste appliquera un dépassement d’honoraire.

Chaque médecin généraliste doit savoir qu’il a son avenir en mains et qu’à chaque fois que nous avons mené de façon unie des mouvements, nous avons gagné.

Dr Luc DUQUESNEL, Président UNOF-CSMF
Dr Béatrice FAZILLEAUD, Secrétaire Générale UNOF-CSMF

La CSMF soutient le « Printemps » des Médecins généralistes de Roanne

La CSMF soutient le « Printemps » des Médecins généralistes de Roanne Version imprimable
Devant l’absence de réponse du Ministère de la Santé et du gouvernement à l’expression de leur colère qu’ils ont largement exprimée depuis plusieurs semaines, les médecins sont exaspérés par leur situation et l’évolution vers la dérive bureaucratique de leur métier qui va s’accentuer avec l’application de la future loi de santé.

Ceci se traduit dans le bassin roannais par un mouvement de grève avec fermeture des cabinets suivi quasiment à l’unanimité par les médecins généralistes de cette zone. Ils sont légitimement inquiets devant la lourdeur des tâches administratives, et révoltés à la perspective de voir ces tâches s’accroitre encore avec cette loi. Ils sont excédés, et c’est logique, par l’absence de réponse qu’a apportée le gouvernement aux mouvements et manifestations massives qui ont secoué le monde médical depuis plusieurs mois.

Il s’agit d’un nouveau geste de colère et de désespoir, qui s’exprime aujourd’hui à Roanne mais qui demain, sous des formes diverses, va s’exprimer sur l’ensemble du territoire. La CSMF soutient et comprend totalement ce mouvement spontané de médecins généralistes du bassin roannais, mouvement qui confirme le ras-le-bol que la CSMF a exprimé depuis de longs mois au travers des mouvements massifs qu’elle a organisés. Il suffit de se souvenir de la semaine de fermeture des cabinets fin décembre avec grève de la permanence des soins, de la grève de la télétransmission, et de la grande manifestation unitaire nationale du 15 mars qui avait rassemblé près de 50 000 médecins toutes générations confondues dans les rues de Paris ; la surdité du gouvernement devant cette mobilisation sans précédent ne peut qu’entretenir et faire grandir ce sentiment d’incompréhension et de mépris de la part du gouvernement que ressentent aujourd’hui les médecins.

La CSMF rappelle son mot d’ordre de désobéissance civile dans le cadre de l’application de cette loi de santé tout particulièrement pour le tiers payant généralisé obligatoire. La CSMF continuera à se battre contre cette future loi de santé et cette dérive bureaucratique de l’exercice médical, afin de permettre aux médecins de se consacrer sereinement à leur métier : apporter les meilleurs soins à leurs patients.