Moins d’hôpital, plus de médecine de ville pour le confort des patients et l’équilibre financier de la Sécu

Hier s’est tenue la réunion de la Commission des comptes de la santé. Bien que la ministre s’enorgueillisse de la nouvelle diminution du reste à charge pour les Français, un des plus bas des pays de l’OCDE, il ressort de cette réunion que l’équilibre des comptes sociaux prévu initialement en 2017 est reporté à un horizon indéfini. Cela pose l’épineux problème du financement des comptes sociaux sur lequel il est grand temps de réfléchir et d’ouvrir le grand débat national nécessaire.

Les dépenses de la Sécurité Sociale sont pointées du doigt dans le rapport de la Cour des Comptes paru hier. Les dépenses hospitalières hypertrophiées représentent 37% des dépenses totales de santé, mais 46.5% des dépenses de soins médicaux (CSBM). Elles continuent d’augmenter à un rythme effréné. Entre 2012 et 2014, les dépenses consacrées à l’hôpital ont augmenté de 7,4%, soit 2,5% chaque année. Dans le même temps, les soins de ville ont seulement augmenté du 4,5% soit 1,5% par an ! L’Assurance Maladie ignore ces bons résultats puisque la baisse continue de l’ONDAM depuis plusieurs années et le niveau historiquement bas de 1,75% cette année, font craindre des restrictions sans précédent sur la médecine de ville. Elle préfère donner toujours plus à l’hôpital, mastodonte insatiable et vorace, source de gaspillage.

Il est donc nécessaire de procéder à la deshospitalisation du pays. La France compte 6,4 lits pour 1000 habitants, tandis que l’Italie en compte 3,4, le Royaume-Uni 3 et la moyenne des pays de l’OCDE est de 4,9 lits pour 1000 habitants.

A la lumière de ces chiffres, et à l’heure où on parle tant du virage ambulatoire, la CSMF réclame au gouvernement de passer aux actes pour la médecine de ville. Les soins ambulatoires représentent seulement 22% des dépenses de santé en France, contre 30% en Allemagne.

La CSMF demande au gouvernement de donner à la médecine libérale, généraliste et spécialiste, les moyens d’assumer le transfert des activités qui ne justifient pas, ou plus, d’être effectuées en milieu hospitalier. Cette deshospitalisation aidera à la fois les comptes de la Sécurité sociale, et les patients, qui y gagneront en confort, sécurité et qualité des soins.

Dr Jean-Paul Ortiz – Président
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